• Por AlohaCriticón

arthur rimbaud una temporada en el infiernoUNA TEMPORADA EN EL INFIERNO

Arthur Rimbaud

La irrupción de los simbolistas franceses, con una acentuación en la significación del idioma literario como perfección formal y plasmación de belleza, tiene una de sus cumbres en Arthur Rimbaud, un escritor maldito de genial talento natural, cuyo atormentado y conmovedor descenso al tártaro viene marcado por su tempestuosa relación con el también literato Paul Verlaine y por su desilusión coyuntural como poeta.

Esta es su obra más significativa.

Leamos algunos de sus poemas y el famoso “El Barco Ebrio” en versión original:

Lágrima

Lejos de los pájaros, de los rebaños, de los aldeanos

bebía, acurrucado en un brezal

rodeado de tiernos bosques de avellanos

en una niebla del atardecer tibio y verde.

¿Qué podía yo beber en este joven Oise,

olmos sin voz, césped sin flores, cielo cubierto?.

¿Qué sacaba de la calabaza de yaro?.

Un licor de oro, insípido y que hace sudar.

Tal, yo hubiera sido mala insignia de posada.

Después la tormenta cambió el cielo, hasta el anochecer.

Fueron países negros, lagos, varas,

columnatas bajo la noche azul, estaciones.

El agua de los bosques se perdía sobre las arenas vírgenes,

el viento, del cielo, arrojaba témpanos a los mares…

¡Bien! ¡Como un pescador de oro o mariscos,

decir que no he tenido inquietud de beber!

El Mal

Mientras que los salivazos rojos de la metralla

silban todo el día por el infinito del cielo azul,

que escarlatas o verdes, cerca del Rey que los burla,

los batallones en masa caen en el fuego;

mientras que una locura espantosa, pulveriza

y hace de cien mil hombres una pila humeante,

-¡Pobres muertos!, en el verano, en la hierba, en tu alegría,

¡Naturaleza! ¡oh tú, que hiciste a estos hombres santamente!…

-Es un Dios, el que ríe en los manteles adamascados

de los altares, en el incienso, en los grandes cálices de oro,

el que en el cúneo de los hosannas se duerme

y se despierta, cuando las madres, reunidas en la angustia,

y llorando bajo sus viejas cofias negras,

¡le dan una perra gorda liada en su pañuelo!.

El Barco Ebrio (original)

Comme je descendais des Fleuves impassibles,

Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :

Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,

Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,

Porteur de blés flamands ou de coton anglais.

Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,

Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,

Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,

Je courus ! Et les Péninsules démarrées

N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.

Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots

Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,

Dix nuits sans regretter l’oeil niais des falots !

Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sures,

L’eau verte pénétra ma coque de sapin

Et des taches de vins bleus et des vomissures

Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème

De la Mer, infusé d’astres et lactescents,

Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême

Et ravie, un noyé pensif parfois descend :

Ou, teignant tout-à-coup les bleuités, délires

Et rythmes lents sous les rutilements du jour,

Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,

Fermentent les rousseurs amères de l’amour !

Je sais les yeux crevant en éclair, et les trombes

Et les ressacs et les courants : je sais le soir,

L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,

Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,

Illuminant de longs figements violets,

Pareils à des acteurs de drames très antiques,

Les flots roulants au loin de leurs frissons de volets !

J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,

Baisers montant aux yeux des mers avec lenteurs,

La circulation des sèves inouïes

Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs.

J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries

Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,

Sans songer que les pieds lumineux des Maries

Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides

Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux

D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides

Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses

Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !

Des écoulements d’eaux au milieu des bonasses,

Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers,soleils d’argent, flot nacreux, cieux de braises !

Echouages hideux au fond des golfs bruns

Où les serpents géants dévorés des punaises

Choient , des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades

Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.

Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades

Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants.

Parfois , marthyr lassé des pôles et des zones,

La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux

Montait vers moi ses fleurs d’ombre aux ventouses jaunes

Et je restais, ainsi qu’une femme à genoux….

Presque île, ballotant sur mes bords les querelles

Et les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.

Et je vogais, lorsqu’à travers mes liens frêles

Des noyés descendaient dormir à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les chevaux des anses

Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,

Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses

N’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,

Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur

Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,

Des lichens de soleil et des morves d’azur;

Qui courais, taché de lunules électriques,

Planche folle, escorté des hippocampes noirs,

Quand les juillets faisaient couler à coups de triques

Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues

Le rut des Béhémots et les Maetstroms épais,

Fileur éternel des immobilités bleues,

Je regrette l’Europe aux anciens parapets !

J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles

Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :

Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,

Millions d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.

Toute lune est atroce et tout soleil amer :

L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.

O que ma quille éclate ! O que j’aille à la mer !

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache

Noire et froide où vers le crépuscule embaumé

Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche

Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,

Enlever leur sillage aux porteurs de coton,

Ni traverser l’orgueuil des drapeaux et des flammes,

Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

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